QU’EST-CE QUE LA TELEMEDECINE ?

Depuis l’antiquité, le travail essentiel du médecin est la visite ou consultation médicale qui le met en présence du patient, afin de porter un diagnostic puis de prescrire un traitement. Un médecin généraliste en pratiquera en moyenne 200.000 dans sa vie professionnelle. Et dans 70% des cas où il découvre un nouveau patient, l’hypothèse diagnostique qu’il porte au terme de cette première consultation se révélera juste. Impressionnant !
La télémédecine, c‘est pratiquer cette même médecine à distance. À toute distance. Lorsque la rencontre « physique » du patient et du médecin n’est pas possible. Et la consultation médicale devient alors une téléconsultation.

Bien sûr, il faut faire en sorte que cette téléconsultation soit aussi efficace qu’une consultation médicale classique. L’expérience montre que c’est le plus souvent ce qui se passe. Il y a parfois des cas où cela ne fonctionne pas bien, pour des raisons humaines ou techniques. On se replace alors dans un circuit classique. C’est rare, mais dans la grande majorité des cas, la téléconsultation atteint son objectif… et même le dépasse (parfois) puisqu’elle permet parfois d’aller bien plus loin qu’une consultation classique. Nous verrons comment, plus avant.



UN PEU D’HISTOIRE

Du rêve …

HISTOIRE

Le médecin, depuis son cabinet examine l’enfant couché au domicile, grâce à un écran solidaire du poste de radio. Le concept de vidéoconférence est en marche….

La couverture de ce magazine populaire américain paru en 1924 illustre une téléconsultation où le médecin distant regarde la gorge de l’enfant. On parle de « radio » docteur … car, même si l’image est présente, le mot « télé » n’existe pas encore dans le vocabulaire ! Ce qui deviendra télévision est encore, à cette époque, de la science fiction.
La « télé », c’est notre quotidien pour les nouvelles, le sport et les variétés. Cela le devient aussi pour la médecine.
Avec les technologies dont nous disposons aujourd’hui, telles que le téléphone cellulaire (3G, 4G) et Internet, on peut « s’affranchir de la distance », c’est à dire permettre au patient et au médecin de communiquer comme s’ils étaient en contact direct dans une situation de en vis-à-vis. Et, avec l’aide d’un assistant aux côtés du patient on permet au praticien d’utiliser toute sa trousse d’outils pour l’examiner.

A la réalité des premières téléconsultations …

Nous nous limiterons à présenter ici les réalisations du Docteur Kenneth Bird, aux Etats Unis, début des années 70. Il installe une véritable chaine de télévision, par réseau hertzien, entre l’aéroport Logan de Boston et l’ hôpital où il exerce, le très réputé « Mass General », situé au milieu de la ville, séparés par un trajet empruntant un tunnel toujours encombré.

Même si le modèle ne fait pas école, questions de coût et de jalousies, il fonctionne et rend de grands service : plus de 1.000 consultations auront lieu à partir du studio installé à la « porte 23 », en deux ans apportant confort et sécurité aux passagers/patients pour les petites urgences. La télémédecine est devenue réalité.

1, 2 – Le studio de télévision installé à Logan Airport, Gate # 23
3, 4 – Les conditions de circulation comparées par le tunnel et par voie hertzienne
5, 6 – Le fonctionnement du studio de télé(vision)consultation
7, 8 – La salle de travail du télémédecin au « Massachussetts General Hospital » à Boston


PERMETTRE AU PRATICIEN DE S’AFFRANCHIR DU PARAMETRE DISTANCE

L’objectif recherché est de pratiquer une consultation  » à toute distance » selon l’expression de Jeff Bauer, pionnier de la discipline. C’est aujourd’hui une réalité, grâce aux technologies actuelles de l’information et de la communication. Une révolution. A deux conditions, toutefois :
– Développer le matériel de téléconsultation et le réseau de transmission adéquats permettant de réaliser cette téléconsultation. Etape franchie.
– Disposer d’un médecin au bout de la ligne!
C’est le rôle assigné à HEALTH-alfa : imaginer, créer et développer les nouveaux usages de téléconsultation.

N’oublions jamais que la téléconsultation est une consultation médicale, c’est à dire qu’elle repose sur le médecin…
… sur tout médecin qui se déclare disponible dans l’instant pour répondre à l’appel. Où qu’il soit.
Afin de gérer cette situation inédite, il faut organiser un réseau social professionnel, parfaitement respectueux de l’éthique, des usages et de la déontologie. Ce réseau liera à terme des médecins, des infirmiers et tous les acteurs de soins potentiellement intéressés, pharmaciens, assistants sociaux, sages-femmes, psychologues, kinésithérapeutes ….
Bien entendu, on ne va pas chambouler les habitudes. Si me médecin habituel, non présent sur le site, est joignable c’est lui qu’on appellera en premier. Ou un autre médecin de l’institution, EHPAD. Puis on cherchera au sein de l’institution voisine ou d’une liste de médecins fournie par la communauté de l’établissement.
Mais si aucun de ces praticiens n’est joignable, le premier médecin disponible sera appelé pour traiter le problème. C’est exactement ce qui se produit lorsque l’on transporte le patient aux urgences. Sauf qu’ici, on « téléporte » le médecin. Sans déplacement long, fatiguant, coûteux, compliqué, inutile.


NE PAS S’ENLISER DANS DES QUESTIONS DE VOCABULAIRE

Outre l’opposition sémantique aujourd’hui un peu oubliée entre télémédecine et télésanté, une litanie de termes comportant « télé » pour préfixe a été imaginée : Consultation, Expertise, Surveillance, Assistance … Certains sont, sans véritable logique lexicale, dotés d’un trait d’union et d’autres non.

Le décret fondateur de la télémédecine (disponible ici) entretient le trouble en s’attachant à les reprendre et à les disséquer. D’aucuns, faisant une lecture littérale, en arrivent à les opposer, paradoxe pour une activité censée gagner de la liberté. On en arrive à une parcellisation totalement artificielle qui vole en éclats à l’aune de la pratique médicale.
Dans la vraie vie, lorsqu’un médecin examine un patient à distance il pratique une téléconsultation.
– Il le fait avec l’aide d’un infirmier qui intervient en mode de télé(-)assistance.
– Si, pendant la séance, le praticien fait appel à un collègue spécialiste, il déclenche une session de télé(-)expertise, et même une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) lorsque le nombre d’intervenants dépasse le chiffre 2.
– S’il décide de revoir le patient, il assurera une forme de télé(-)surveillance.
On parlera indifféremment de télémédecine et de téléconsultation et ce dernier terme englobera la totalité des actions et prestations effectuées pendant la session. l’essentiel c’est le résultat.